Aaliyah a 14ans quand son oncle, Barry (ah, je vous disais bien qu’on le reverrait !) lui présente son poulain, un petit jeune qui débute, et qui, comme sa nièce, a le même amour du chant ; et le même but dans la vie. Son nom ne vous dira peut-être pas grand chose, mais bon : il s’appelle R.Kelly (et les filles s’évanouissent !) et il vient dîner à la maison ce soir ! les 2 jeunes gens s’apprécient de suite, et leurs prouesses vocales réciproques les conduisent directement en studio, où ils se mettent de suite au travail. Dans la foulée, R.Kelly sort son premier album, born in the 90’s, et commence à se faire un nom. Son single « your body’s callin » se classe 1er au Hot 100Singles Chart, c’est le debut du succès pour celui qui deviendra le roi du r&b contemporain. Mais tout ce strass ne lui a pas encore tourner la tête, et il tient à terminer le travail qu’il a entamé avec son égérie, rencontrée à Detroit. De cette collaboration magique naîtra age ain’t nothing but a member, le 1er opus d’Aaliyah, colossal album, produit et écrit par un spécialiste, interprété par une nymphe de 15ans. Le public reste abasourdis, et plébiscite immédiatement le duo : les 1er singles, « back and fort » et « at your best (you are love) » (une reprise étincelante des frères Isley) arrivent au sommet des charts, en venan même detrôner le king Kelly, qui doitlaisser sa place de n°1 à celle qu’il vient de faire éclore ! cachée derrière sa grande mèche d’ébène et ses lunettes noires, bien calée dans son baggy et ses Timbarland, la petite princesse Aaliyah, chanteuse rebelle et intimiste, fait tanguer la jeunesse américaine. Une nouvelle étoile est née, une baby star encore, à l’instar de Michael Jackson, qui, comme elle, a connu très tôt la gloire.
Mais son jeune age et son succès précoce ne sont pas à mettre sur le même plan : la valeur n’attend pas le nombre des années. La seule chose qui a de l’importance, c’est le talent, et Aaliyah compte bien faire accepter cela à la masse. En appelant son album de la sorte (en français : « l’age ne veut rien dire, ce n’est qu’une chiffre »), elle se pose en situation de refus de facilité (le phénomène baby star fait vendre souvent des millions de disques, même si ce n’est pas terrible), donc en interprète crédible. La Baby Girl n’est pas un produit de marketing, mais bien une chanteuse à prendre au sérieux. D’autres morceaux viendront souligner l’ascension de la belle, comme « age ain’t nothing but a member », le titre éponyme de l’album, et « down with the clique », un track bien lourd, bien street. Le conte de fée devient réalité.